Alors que nous prenons le temps de réfléchir aux dix années qui se sont écoulées depuis l’adoption de la première loi canadienne sur l’euthanasie, comment entendons-nous Dieu nous parler ? Comment notre foi nous encourage-t-elle, nous donnant espoir et sens à notre vie ?
L’aide médicale à mourir (AMM) constitue le cadre juridique régissant l’euthanasie et le suicide assisté au Canada, une pratique qui s’est rapidement généralisée et adoptée comme dans aucun autre pays au monde.
Environ 100 000 personnes ont mis fin à leurs jours par le biais de l’AMM au cours des dix dernières années, ce qui équivaut à peu près à la population du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, ou de Prince George, en Colombie-Britannique.
Le rapport annuel sur l’AMM pour 2024 indique qu’environ une personne sur vingt décédée en 2024 est morte par le biais de l’AMM. Cette pratique est de plus en plus répandue et normalisée.
« Lorsque la loi a été débattue pour la première fois, je pense que de nombreux Canadiens imaginaient que l’AMM serait rare, un dernier recours, explique Julia Beazley, directrice des politiques publiques de l’EFC. Mais ce n’est pas le cas. Elle est de plus en plus répandue et normalisée. La loi sur l’AMM utilise un langage subjectif, avec peu de garanties significatives et un manque inquiétant de surveillance. »
La loi initiale, adoptée il y a 10 ans, le 17 juin 2016, limitait l’euthanasie et le suicide assisté aux personnes dont la mort naturelle était « raisonnablement prévisible ». Mais ce terme laisse une grande marge d’interprétation aux médecins.
La deuxième loi, adoptée en 2021, a élargi l’admissibilité aux personnes atteintes d’une maladie chronique ou d’un handicap qui n’étaient pas en fin de vie. Elle autorisait également l’AMM pour les personnes atteintes de maladie mentale uniquement, avec un délai avant que cette extension n’entre en vigueur. L’AMM pour les maladies mentales entrera désormais en vigueur en mars 2027, à moins qu’une autre loi ne soit adoptée pour l’empêcher ou la retarder davantage.
L’AMM normalise l’idée qu’une vie marquée par des limitations, la maladie ou la perte de capacités pourrait ne pas valoir la peine d’être vécue. Que la réponse à la souffrance est de mettre fin à sa vie.
En tant que chrétiens, où trouvons-nous l’espoir et l’encouragement face à tout cela ?
Dieu nous a créés, nous aime et a un dessein pour tous nos jours. Notre valeur ne repose pas sur notre santé, notre âge ou nos capacités. Nous pouvons nous accrocher à cette conviction nous-mêmes dans des circonstances difficiles ou face à une capacité déclinante, et nous pouvons le rappeler à nos voisins. La vie de chaque personne a de la
Les données sur les raisons pour lesquelles les gens choisissent l’AMM indiquent davantage une souffrance existentielle qu’une douleur physique. Les raisons invoquées par les personnes qui décident de mourir par AMM sont généralement l’incapacité de participer à des activités significatives, la solitude, l’isolement et/ou la crainte d’être un fardeau. Ce sont là des domaines où l’Église et la foi ont tant à offrir : espoir, réconfort, communauté et sens à la vie.
En 2023, plus de 50 dirigeants d’organisations chrétiennes ont signé une déclaration sur l’euthanasie qui reste très pertinente aujourd’hui. Ces dirigeants se sont engagés à manifester l’amour de Dieu dans la vie de ceux qui se sentent abandonnés et à mobiliser leurs communautés pour prendre soin et soutenir ceux qui souffrent. Des églises individuelles en ont également fait l’engagement de leur congrégation. C’est un engagement que nous pouvons respecter ensemble (TheEFC.ca/DeclareAndResolve).
En tant qu’églises, nous pouvons également réfléchir à l’accueil que nous réservons aux personnes en situation de handicap. La brochure gratuite de l’AÉC, disponible en ligne sur TheEFC.ca/LifeTogether, aide les individus et les églises à entamer cette conversation.
Nous pouvons également demander que les lois soient modifiées. « Demander de bonnes lois est l’une des façons dont nous pouvons aimer notre prochain, dit Mme Beazley. Nous voulons que notre pays soit un endroit où les personnes qui cherchent un traitement puissent en bénéficier. Où nos voisins sont soutenus pour vivre, et non aidés à mourir. Où les conversations sur l’AMM ne sont initiées que par les patients, et où personne ne se sent poussé vers l’euthanasie par ses prestataires de soins de santé. »
Après avoir raconté une parabole sur un homme qui avait été volé et laissé pour mort, ignoré par les chefs religieux mais soigné par un Samaritain, Jésus a demandé : « Lequel de ces trois s’est montré un prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? » L’expert en loi a répondu que c’était celui qui avait fait preuve de miséricorde. Et Jésus lui a dit : « Va, et fais de même. »
Alors que nous prenons le temps de réfléchir à une décennie d’AMM, demandons à Dieu comment il nous appelle et nous équipe pour être des prochains.
Ce que vous pouvez faire
- Priez pour notre pays, pour ceux qui luttent autour de nous et pour que Dieu nous aide à aimer nos prochains. Organisez un moment de prière spécial le 17 juin pour marquer une décennie d’AMM.
- Procurez-vous une copie numérique ou imprimée de Life Together pour vous-même et votre église.
- Prenez la déclaration « Declare and Resolve » comme un engagement personnel ou de votre église.